Je ne serai guère original en disant combien plusieurs des films de Roman Polanski sont pour moi des chefs d'oeuvre. Mais il n'est pas question de cela dans ce qui vient de se passer. Entendre deux ministres, et non des moindres (Culture et Affaires étrangères), ainsi qu'une grande partie du monde français du cinéma, prendre haut et fort la défense de Polanski dans l'affaire de son arrestation et de son extradition, c'est une tout autre histoire.
Que l'affaire ait plus de 30 ans n'enlève rien à l'horreur du crime, car crime il y a eu: il s'agit du viol d'un enfant de 13 ans. Certes la victime a souhaité retirer sa plainte, mais il suffit de lire son interview récent pour comprendre que si elle ne veut plus qu'on remue cette boue, elle en est encore salie. Elle ne peut pas oublier même si elle a retiré sa plainte. Cela imposait, au moins, un peu de retenue et certainement pas de déclarations emphatiques.