samedi 11 avril 2009

Une mesure qui fait débat : dépassement des horaires d'accueil des enfants

Le conseil municipal vient de voter une mesure visant à imposer le respect des horaires aux parents utilisant les accueils du mercredi et des vacances scolaires. En effet, il est prévu "une facturation de 10 euros dès lors qu'un enfant sera présent au-delà de 18 h 30 et (...) toute famille qui outrepassera les horaires de fermeture plus de trois fois dans le mois, ne pourra plus bénéficier de l'accueil (...)".

Il s'agit d'éviter les retards répétitifs et abusifs. Mais comment seront gérés les retards dus aux redondants retards sur le RER ? La mairie a promis de sévir avec discernement, mais ce ne sont que des paroles. Si je n'approuve pas la pratique désinvolte de certains parents à l'égard des animateurs accueillant leurs enfants, ce vote (j'ai personnellement voté contre) pose la question de la réponse sociale aux évolutions des conditions de vie, de travail et de transport en région parisienne.

mercredi 19 novembre 2008

Défendre l'école

20 novembre à 14h30: une grande manifestation réunissant en particulier les enseignants et les parents partira du Luxembourg à destination du ministère de l'Education nationale. Le message qu'a laissé ici-même Florence Maurice sur le RASED illustre le vrai danger que les mesures actuelles font courir à l'école. Et qu'on ne nous parle pas de réforme "qualitative" ! La logique gouvernementale est simple, elle est comptable : on cherche avant tout à diminuer le nombre d'enseignants, donc de fonctionnaires, pour faire des économies budgétaires. Sur le dos de nos enfants.
- On compte déjà 11.200 suppressions de postes cette année ; il en est prévu encore 40.000 en trois ans.
- On diminue le nombre d'heures en école primaire en appliquant des horaires inadaptés au rythme de l'enfant
- Les RASED (réseaux d'aide spécialisées aux enfants en difficultés) sont donc menacés de disparition
- Le ministre annonce une nouvelle réforme des lycées sans concertation.
La liste est longue; elle n'est pas exhaustive. Elle permet de comprendre pourquoi la grève de jeudi s'annonce massive dans les écoles. Elle explique pourquoi nous sommes tous concernés et pourquoi vous êtes appelés à vous joindre à cette manifestation.

lundi 17 novembre 2008

Suppression du RASED : 200 000 enfants abandonnés par l'Education nationale

Les conseils des écoles de Bourg la Reine ont voté une motion contre la suppression des Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves (RASED), programmée par le ministre de l'Education nationale à compter de la rentrée de septembre 2009, qui verra une première vague de 3000 maîtres spécialisés supprimée.

Créés en 1990, les RASED contribuent à prévenir et à réduire les difficultés d'apprentissages ou relationnelles que les enfants rencontrent à l'école, en apportant, au sein même de l'école, une aide pédagogique, rééducative et/ou psychologique chaque fois qu'une réponse pédagogique classique ne suffit pas. Principal objectif de leur action : instaurer ou restaurer le désir d'apprendre.

Cette suppression est d'autant plus mal vécue à Bourg la Reine que les parents d'élèves se battent depuis des années pour obtenir que les maîtres spécialisés E (aide pédagogique) interviennent dans toutes les écoles de la ville et pour qu'un maître G (aide rééducative) soit nommé sur la circonscription, ce qui est enfin le cas pour la première fois (depuis 1990 !) cette année. N'y a-t-il plus de besoins ? Sûrement pas, puisque même avec les RASED, il subsiste chaque année environ 15% d'enfants en échec scolaire … Les RASED seront-ils remplacés par un dispositif d'aide plus performant ? Non plus, l'idée est de remettre les enseignants spécialisés dans des classes "normales" et d'adresser les élèves en difficulté vers les CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogiques), dispositif inadapté à la plupart des difficultés rencontrées par ces enfants ("Les CMPP pratiquent le diagnostic et le traitement des enfants inadaptés mentaux dont l’inadaptation est liée à des troubles neuropsychiques ou à des troubles du comportement"), et totalement saturé (six mois d'attente en moyenne), et autres thérapeutes libéraux que bien entendu tous les parents peuvent offrir à leurs enfants, à moins que ce ne soit aux frais de la Sécurité sociale qui n'a pas besoin de cela.

L'action des RASED est-elle devenue superflue grâce au nouveau dispositif de soutien scolaire mis en place suite à la suppression des heures de cours du samedi matin ? Les enseignants, les enseignants spécialisés, les directeurs d'école et les psychologues scolaires ont réaffirmé la complémentarité des deux dispositifs lors des Conseils d'école : en aucun cas le soutien classique dispensé par les enseignants ne pourra remplacer les aides spécialisées. Les enseignants, les parents et les équipes pédagogiques se mobilisent - la pétition "sauvons les RASED" a déjà recueilli plus de 144 000 signatures, voir ci-dessous -, alertés depuis mai dernier par une pseudo gaffe d'un ancien ministre de l'Education nationale qui déclarait dans un entretien radiodiffusé que la suppression des heures de cours du samedi matin et l'instauration du dispositif de soutien animé par les enseignants "classiques" n'était certes pas une bonne chose pour les élèves et encore moins pour ceux qui connaissent des difficultés, mais qu'elle était indispensable pour alléger la dette publique (et que c'était bien là notre principale responsabilité vis-à-vis des générations futures …), en permettant indirectement de supprimer les 9 000 postes de maîtres spécialisés des RASED (écouter cet entretien : lien ci-dessous).

Au-delà du démantèlement programmé de tout ce qui fait la force de l'enseignement en France (l'école maternelle est aussi menacée), la question se pose de la prise en compte des élèves en difficulté : qui sont-ils ? Pourquoi leur sort n'intéresse-t-il pas les dirigeants de ce pays ? Pourquoi sont-ils sciemment privés de réussite scolaire, essentielle en France ? Parfois issus des "meilleurs" milieux socio-culturels et juste différents, ils sont néanmoins le plus souvent issus des ghettos urbains ou des régions rurales abandonnées, comme l'écrit Pascal Ourghanlian, enseignant spécialisé, référent pour la scolarisation des élèves handicapés sur le site du "Café pédagogique" (lien ci-dessous) : black, beurs ou français "de souche" des classes défavorisées, qui parfois refusent le système, mais le plus souvent s'épuisent tout simplement à essayer de s'y intégrer. Ils devront désormais "faire semblant d'être élèves, se dépatouiller tous seuls avec des notions hors de portée*, taire leur malaise psychique face à un monde qu'ils ne comprennent pas(…) Ceux que l'on a abandonnés, une première fois dans un groupe qui n'était pas à leur mesure, une deuxième lorsque les aides éducateurs ont été requis auprès des seuls enfants handicapés, une troisième désormais en les privant de l'aide des enseignants spécialisés".

Comme le dit Vincent Mérand, enseignant spécialisé lui aussi, dans un article publié sur le site de Rue 89 (lien ci-dessous), "la destruction de ces métiers est sans précédent dans l'Education nationale. Ce n'est pas vouloir garder un privilège que de se battre pour le maintien des aides spécialisées à l'école. C'est croire que tous les élèves auront encore une chance de réussite à l'école".

- Sur le l'infini désarroi des "mauvais élèves", lire le témoignages de Daniel Pennac dans "Chagrin d'école" (Gallimard)

- Pour plus d'informations sur le fonctionnement des RASED ,

- Pour signer la pétition contre la suppression des RASED ,

- La "gaffe" de l'ancien ministre,

- Pascal Ourghanlian, enseignant spécialisé ,

- Lire l'article de Vincent Mérand sur Rue 89 ,

Florence

vendredi 19 septembre 2008

L'école maternelle en danger

Le ministre, Xavier Darcos, vient d'attaquer grossièrement les enseignants de maternelle. Au-delà cela pose la question de cette singularité française qui, en l'occurrence, est enviée par tous nos voisins. Dans le Monde de ce jour, Eric Maurin, professeur à l'Ecole d'Economie de Paris, montre les répercussions de la suppression de l'école à 2 ans (qui est déjà actée dans notre ville, sauf quelques exceptions). Invitation à la réflexion à partir d'une vaste étude.

Le Monde : Après avoir longtemps été une fierté, l'accueil des enfants de 2 à 3 ans à l'école maternelle est aujourd'hui attaqué de toutes parts sur des bases extrêmement fragiles. Elle serait à la fois dangereuse pour les enfants et coûteuse pour notre système éducatif.

Eric Maurin : La vraie question n'est jamais vraiment posée : par quoi serait-elle remplacée et ces solutions seraient-elles vraiment meilleures pour les enfants et moins coûteuses pour la société ? Nous avons mené une étude qui aboutit à un diagnostic bien plus nuancé que les caricatures aujourd'hui en cours.

Le Monde : Que démontre cette étude disponible - en anglais - sur le site du Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap) ?

Eric Maurin : Lorsqu'ils ne sont pas à la maternelle, les enfants de 2 ans sont dans leur très grande majorité chez leurs parents ou bien chez une assistante maternelle, beaucoup plus rarement en crèche. Etant donné les aides publiques, ces modes de garde alternatifs sont en fait en moyenne plus coûteux pour la société que l'école maternelle. On peut évaluer que chaque enfant supplémentaire accueilli en maternelle représente une économie pour la société d'environ 2 500 euros. L'école maternelle sollicite moins d'adultes par enfant pour un coût plus faible.

Le Monde : Ce manque de moyens nuit-il, plus tard, aux performances scolaires des enfants qui ont été scolarisés dès l'âge de 2 ans ?

Eric Maurin : Etant donné la priorité donnée aux enfants nés en début d'année, il existe de très fortes variations de scolarisation à 2 ans selon la région de résidence et le mois de naissance de l'enfant. Si la maternelle à 2 ans nuisait aux enfants comme on l'entend aujourd'hui dire partout, on devrait constater un déficit de performance dans le primaire, voire dans le secondaire, pour les enfants nés au mauvais moment et au mauvais endroit. On ne constate en réalité rien de tel. Nous avons procédé à une analyse approfondie des évaluations nationales de CE2 des générations nées entre 1991 et 1994 ainsi que des informations très exhaustives sur les trajectoires scolaires contenues dans les recensements de la population. Le diagnostic ne souffre aucune ambiguïté : les performances scolaires sont rigoureusement similaires chez ceux qui ont été à la maternelle dès 2 ans et chez ceux que leurs parents ont gardés jusqu'à 3 ans. Avec 25-30 enfants par classe, les maîtresses de maternelle, aujourd'hui si décriées, font finalement aussi bien que les mères et les assistantes maternelles.

Le Monde : La maternelle à 2 ans favorise-t-elle le retour à l'emploi des mères ?

Eric Maurin : La possibilité d'inscrire son enfant en maternelle dès 2 ans offre effectivement une bouffée d'oxygène à nombre de mères, notamment les mères isolées, souvent en difficulté socialement et avec très peu de moyens pour faire garder leurs enfants. Pour les mères seules, nous évaluons qu'offrir 100 places supplémentaires en maternelle à deux ans permet en moyenne le retour à l'emploi de 25 femmes supplémentaires. L'effet est plus particulièrement fort dans les régions où les assistantes maternelles sont rares. Supprimer l'école maternelle gratuite à 2 ans serait aujourd'hui une catastrophe économique pour des milliers de femmes et d'enfants pauvres.

vendredi 5 septembre 2008

Rentrée scolaire : attention nouveautés !

Ecole République

Finis les espoirs et les angoisses, bonjour la réalité.

Après une semaine de cours, on peut faire sur Bourg la Reine un premier bilan plutôt satisfaisant : tout s’est bien passé, y compris pour les professeurs qui n’étaient pas encore nommés et qui l’ont été juste à temps. Seul point noir, certains parents ont été affectés à des écoles très éloignées de leur domicile. Les parents d’élèves élus, exclus de la commission de dérogation, n’ont pas d’explications.

Reste qu’il faudra cette année encore être très vigilants : la réforme de l’école primaire lancée par le gouvernement prévoit la réorganisation du temps scolaire (la semaine de 4 jours devient la règle, alors même que c’est l’aménagement le moins satisfaisant quant au respect des rythmes de vie et d’apprentissage de l’enfant), la relégation des heures dédiées au soutien hors du temps scolaire (une partie des 3 heures du samedi matin sont réaffectées en 4 demi-heures, de 8h20 à 8h50, pour accueillir les élèves en difficulté « volontaires »), et la réécriture des programmes (retour à une école d’antan, avec sacralisation de la dictée, de la répétition et de la crainte du maître, pseudo recentrage sur les fondamentaux remettant en cause les enseignements artistiques, culturels et scientifiques).

Suppression de postes, alourdissement des programmes et réduction du temps scolaire, manque de moyens alloués au RASED (Réseau d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté) … : comment imaginer que ces mesures puissent contribuer à réduire les inégalités et à répondre à l’objectif affiché de recul de l’échec scolaire ?

Pour plus d’informations sur l’école de votre enfant ou pour contacter les fédérations de parents d’élèves, consultez les panneaux d’affichage à l’entrée des écoles.

A noter dans vos agendas : le 24 septembre –> première journée du refus de l’échec scolaire, organisée avec l’AFEV (www.refusechecscolaire.org) et les 17/18 octobre –> élections des représentants des parents d’élèves.

dimanche 15 juin 2008

La musique à travers les âges à l'école République

Merci à l'équipe pédagogique et la dynamique direction de l'école République qui ont offert aux habitants un petit voyage musical à travers les âges sur le perron de l'école, où les élèves déguisés ont incarné avec un plaisir évident différentes périodes musicales (approximativement du Néanderthal aux années disco ...). Puis les parents des élèves étaient invités sous le préau de l'école à venir écouter leurs enfants chanter, entre autres, un extrait du Carmen de Bizet (rien de moins!), la Page d'écriture de Jacques Prévert mise en musique par Vladimir Kosma, le traditionnel Bon vent en canon ... grâce au fantastique travail réalisé par les enseignants et Nathalie Fatus, la professeur de musique, qui fait chaque année des merveilles.

fête ecole republique

photo : Florence Maurice

mercredi 28 mai 2008

Priorité à la petite enfance (tribune de l'opposition, juin 2008)

enfants

Au moment où la parité hommes-femmes est au cœur du débat politique, et donc leur égal accès au marché du travail, offrir à tous, et particulièrement aux femmes les plus modestes, un mode de garde satisfaisant pour leurs jeunes enfants est l’un des enjeux majeurs de notre société. Cela permet aussi d’associer harmonieusement vie professionnelle et vie familiale. Qu’en est-il à Bourg-la-Reine ?

Des chiffres satisfaisants

- Les chiffres fournis par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF 92) montrent qu’en 2007, plus de 90% des besoins étaient couverts, ce dont nous nous réjouissons. 58% des moins de 3 ans sont accueillis en crèche. L’ouverture d’une crèche en 2003 a permis de débloquer une situation alarmante. Cela met notre ville parmi les moins mal dotées d’un département en situation assez sinistrée.

Un ressenti différent des familles

- Comment expliquer que nombre de jeunes parents vivent comme une « galère » la recherche d’une place en crèche ou d’une assistante maternelle ? Les chiffres nous donnent une piste. Alors que le nombre d’enfants de moins de 3 ans a augmenté de 10% entre 2005 et 2007, le nombre de places en crèche est resté stable à 347. Or celui des enfants gardés par une personne au domicile a plus que doublé, passant de 48 à 105. C’est le signe d’une tension croissante dont il faut tenir compte rapidement.

Il faut anticiper

- En effet, la ville doit anticiper les évolutions en cours. Les nouvelles constructions du centre ville et du nord appellent une prise en compte des nouveaux besoins. La crèche de 2003 a « épongé » les besoins passés. Mais, rien n’est prévu à ce jour pour répondre à la l’augmentation en cours du nombre des jeunes enfants. Attention aussi à ne pas pénaliser les assistantes maternelles municipales par des salaires trop peu attractifs, au risque d’être là encore confrontés à une pénurie. Bien gérer une ville, c’est anticiper ses évolutions. La mairie doit établir des priorités dans le cadre d’une planification pluriannuelle. L’amélioration du service public de la petite enfance doit être l’une des priorités.

Nous proposons

- la création d’une nouvelle crèche

- la revalorisation des métiers de la petite enfance

- une meilleure adaptation des modes de garde aux besoins des familles

- la présence de représentants de parents dans les commissions d’attribution des places