Ce mardi 17 mars le premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement (à l'Assemblée, conformément à l'article 49-1 de la Constitution) à l'occasion d'un débat sur le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan. Le débat sera de principe puisqu'un vote de confiance est demandé, pourtant le consensus n'est pas là et c'est un débat de fond qui aurait pu être intéressant. Mais tout semble être programmé d'avance puisque ce retour sera officialisé le 3 avril en grande pompe en présence de Barack Obama au sommet de Strasbourg et Kehl pour le 60 e anniversaire de l’Otan. Ce ne sont pourtant pas des événements qui se programment à la dernière minute.
Pourquoi cet accord en pleine crise économique? dans quel but car ce n'est pas dans les besoins urgents des français?
Sur la question de fond l'article de Hubert Védrine, paru dans Le monde du 05.03.09, mérite une lecture attentive :
" FRANCE / OTAN Pourquoi il faut s'opposer à une France atlantiste,
Le président Sarkozy veut que la France réintègre le commandement intégré de l'OTAN, trente-trois ans après que le général de Gaulle s'est résolu à en sortir. Il l'avait annoncé à l'été 2007. Il s'apprêterait à le confirmer début avril. On nous donne comme explication : en 1966, c'était la guerre froide, tout a changé. Mais cela n'a pas de rapport. Ou alors c'est l'existence même de l'OTAN qui devrait être remise en cause.
De Gaulle avait pris cette décision après huit années de demandes infructueuses auprès des Américains pour que les alliés européens puissent se faire entendre au sein de l'Alliance, et pour ne pas cautionner la nouvelle et dangereuse stratégie nucléaire de "riposte graduée". Par la suite, tous ses successeurs, de droite comme de gauche, ont respecté cette décision stratégique devenue la pierre de touche de la politique étrangère et de défense de la France.
Cette position originale au sein de l'Alliance faisait l'objet d'un large consensus dans l'opinion française. Elle était depuis longtemps admise des Américains, d'autant qu'elle n'avait pas fait obstacle à l'adoption d'arrangements pratiques pour la coopération entre la France et l'OTAN et même à l'engagement de la France chaque fois qu'elle le décidait, comme on l'a vu sur divers théâtres.
Alors pourquoi cette rupture ? .... " suite sur le site http://www.hubertvedrine.net
Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères de 1995 à 2002.