Dans la suite de la campagne RESF ""LA VIE PLUTÔT QUE LES CHIFFRES" ÉCRIVONS UNE LETTRE AU MINISTRE DE L’IMMIGRATION de décembre 2007, qu'est ce qui a changé? pas grand chose si ce n'est pire.

un exemple parlant de lui même:

"Hier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville, à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir. On a réussi à les joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants des la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin. Leurs chaises d'école resteront vides. C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles. Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école. Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas"." Réseau Education Sans Frontières 38, le 1/12/08

Jeanne Moreau lit deux lettres ouvertes à Brice Hortefeux, ministre du honteux ministère de l'identité nationale de la France, aujourd'hui un pays déshonoré pour avoir oublié le sens de la République.

Pour la solidarité et le respect de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Monsieur le Ministre Hortefeux

Il fait froid. C'est l'hiver. J'ai honte de ce froid, de cet hiver que vous vous acharnez à prolonger jusqu'à la vilenie. Cela fait plus d'un an que, jour après jour, ce froid et cet hiver envahissent les villes et les campagnes de notre pays autrefois pays d'espoir et de vie. C'est en ma qualité de citoyenne française plus que jamais attachée à la Liberté, l'Egalité, la Fraternité que j'ai le devoir de vous rappeler que vous n'avez pas, Monsieur le Ministre, le droit de vie ou de mort sur des hommes, des femmes ou des enfants qui travaillent, vivent, étudient, ici, en France pays aujourd'hui déshonnoré. Ma honte et notre déshonneur, dont vous êtes l'un des grands responsables, deviennent plus profonds quand je me souviens de souvient de ce moment fraternel sur un quai de Marseille après la guerre en Algérie. Je me rendais dans ce pays. Nous faisions file pour embarquer sur El Djezzaïr. Devant moi, un travailleur algérien revenait passer ses vacances au pays. Il s'est retourné vers moi, a ouvert ses bras et m'a dit: Soyez la bienvenue en Algérie!

Monsieur le Ministre, la honte est une affaire de coeur, le déshonneur une affaire civile. Je pense à ce monsieur algérien et j'ai honte. J'ai honte aussi pour vous qui refusez à son fils ou à sa fille le droit d'être mon voisin ou ma voisine. Vous déshonorez à coup de furtives lois minables le sens de la République et de ma civilité."

Paris le 30 décembre 2007

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