Les quelques fervents citoyens qui assistaient au conseil municipal du 15 octobre 2008 ont eu le privilège de voir de leurs yeux, d'entendre de leurs oreilles, l'accomplissement d'un voeu exprimé par l'opposition municipale : près d'une demi-douzaine de conseillers de la majorité et même une maire-adjointe émergeant d'un silence de sept mois se sont mis à poser des questions. Questions pertinentes, je le reconnais, et fort gentilles, dont ils connaissaient déjà la réponse, mais dont l'objet était de mettre en valeur une décision de la mairie. Chorégraphie bien menée qui charmait le coeur et l'esprit. Cette grande première valait le déplacement. Le sujet était d'importance puisque la mairie mettait au vote l'exercice de son droit de préemption sur un immeuble situé au 153 avenue du Général Leclerc, destiné à la construction de logements sociaux. Nous avons voté pour cette décision bien évidemment. Mais il n'a pas été possible de connaître le nombre exact de logements sociaux, la maire-adjointe compétente ayant oublié ses anti-sèches à moins que la mairie n'ait repéré une perfidie dans cette demande de Denis Peschanski, qui savait que les logements murés du 68 bd Joffre étaient comptabilisés dans le parc social.

Nous étions encore sous le charme de la première tentative de démocratie participative des membres de la majorité quand furent abordées les questions diverses. En fait, il n'y avait qu'une question, celle de Denis Peschanski à propos de la gestion d'un dossier de subvention concernant l'aménagement de la Fontaine du Moulin. Et là, l'ambiance s'est franchement gâtée. Il faut dire que la lettre de Denis Peschanski était très dure. Sa lettre pointait un certain laisser-aller dans le suivi d'une convention avec le SIAAP portant sur une subvention de 450 000 euros. Elle dénonçait en conclusion le manque de sincérité dans les explications apportées aux élus du peuple, en l'occurrence ceux de l'opposition, lors du conseil municipal de septembre. Le maire n'avait pas l'air content. Alors qu'il aurait pu reconnaître une faute vénielle de sa gestion, puisque la subvention a finalement été récupérée et que tout le monde peut se tromper, l'essentiel étant de rattraper ses erreurs, il se lança dans une longue démonstration emberlificotée qui tournait la tête à ceux qui ne connaissaient pas ce dossier. Comme les questions diverses ne font pas l'objet de débat, le bec de l'opposition resta cloué. En fin de séance, le maire a refusé de communiquer le texte de sa réponse qui aurait pu servir à l'édification des citoyens. Nous espérons qu'elle figurera dans sa totalité dans le compte-rendu de ce conseil. Nous pourrons y répondre à notre tour sur ce blog.

Morale de l'histoire : si la mairie avait répondu tout simplement, "on s'est trompé, mais cette erreur n'a pas de conséquence pour les finances de la ville, excepté en frais de trésorerie", l'opposition aurait accepté cette explication. Nul n'est parfait, mais la majorité s'estime infaillible, irréprochable. Nous avons tous des limites, il faut les reconnaître pour progresser.

SIAAP : Syndicat intercommunal pour l'Assainissement de l'Agglomération parisienne