mercredi 27 février 2008
Au cœur de la ville : réunion aux Bas Coquarts
Par Florence Maurice, mercredi 27 février 2008 à 17:46 :: Général
Lundi 25 février, à 20h30, nous avons tenu notre deuxième rencontre débat à l’école maternelle des Bas Coquarts. Affluence exceptionnelle, puisqu'on a compté 76 présents. L’occasion pour Denis Peschanski et son équipe de rappeler les points forts du programme, avant, surtout, de dialoguer avec les participants.

• Présentation du projet
Denis Peschanski est revenu sur l’équipe choisie : l’accord général sur le programme, les compétences, la diversité (générations, quartiers, positionnement politique). Il est ensuite revenu sur le programme (voir « publication » en en-tête du site). Retenons ce qui concerne plus spécialement le quartier des Bas-Coquarts :
Ville harmonieuse : le grand défi pour la nouvelle équipe sera de réinsérer les quartiers périphériques dans Bourg-la-Reine. La population des Bas-Coquarts a le sentiment d’être à l’écart. Qu’il s’agisse des aménagements, de la circulation, des logements, des installations, cela doit changer.
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Ville solidaire : La question du logement social est posée : la loi impose 20% minimum. C’est indispensable pour régler le problème du logement. Pas assez de HLM et même de loyers simplement décents permettant, par exemple, à de jeunes couples de s’installer. Pour cela, toute nouvelle construction se verra imposer 30% de logements sociaux. On trouve de très beaux exemples de réussite de mixité de l’habitat place de la Résistance (av. Aristide Briand) ou 35 bd Joffre). Un contre-exemple : la résidence de l’avenue de la République (6500 à 7000 euro le m2).
Ville écologique : Il n’est pas normal, exemple parmi d’autres, que le chauffage face si peu la place aux économies d’énergie. Il faudra veiller aussi à dégager un chemin piéton vers le centre-ville.
Ville dynamique : la jeunesse a été laissée de côté, il n’y a rien pour les jeunes, un effort avait été fait avec l’AJR mais il n’y a pas de lieu pour se retrouver, pas de cafés le soir, rien le dimanche et les locaux mis à la disposition de l’AJR sont bien trop petits et très bruyants. Il s’agit en particulier de s’occuper de la tranche d’âge des 12-16 ans, trop jeunes pour aller seuls à Paris.
Nous nous engageons à vous écouter, à nous concerter avec l’ensemble des personnes concernées, à mener des études de faisabilité, à rechercher les financements extérieurs chaque fois que possible, et nous saurons arbitrer et classer les projets en fonction de leur niveau de priorité. Pour nous guider, nous nous attacherons à avoir une vraie vision d’ensemble, et à mener les actions sur la durée, à les mesurer et vous en rendre compte. Dans ce cadre, les associations tiennent une place cruciale. C’est un gage d’efficacité car elles connaissent le terrain et les besoins. Les décisions ne doivent pas être unilatérales, comme par exemple la Maison de quartier qui surgit brusquement à 10 jours des élections et qui prendrait la place d’une aire de jeux.
Prévention et sécurité : nous visons la dégradation 0. Dès qu’il y a une dégradation, la réparation est immédiate. C’est la seule possibilité pour s’assurer un environnement agréable. On le voit 35 bd Joffre, mais pas aux Bas-Coquarts. Et il faudra aussi plus de gardiens, car ils sont une des clefs de la vie de quartier. Les parkings doivent être sécurisés (accès, sous-sol).
Au-delà, Denis Peschanski annonce qu’il mettra en place une structure transversale qui aura à traiter de toutes les questions concernant le quartier des Bas Coquarts : jeunesse, famille, emploi, culture, prévention et sécurité, écologie, urbanisme, sports etc.
• Un débat de deux heures suit cette introduction. Plusieurs membres de la liste s’expliqueront, en particulier Rand Fahmi et Cassi Belazouz, en charge de la jeunesse et des sports dans notre liste.
Quelle sera votre démarche pour à la fois concerter très largement, et être capable de prendre des décisions ?
Plusieurs pistes sont évoquées dont un comité des jeunes 18/25 ans. Mais, au-delà des promesses, il faut juger sur les faits. Quand nous disons que nous souhaitons travailler en étroite liaison avec les associations, dans le strict respect de leur indépendance, qu’il fera des réunions de quartier régulières, qu’on fera du porte à porte fréquemment, il suffit de se référer à ce qu’on a fait jusqu’à présent, et aux engagements de très nombreux membres de la liste dans le monde associatif. De la même façon, il faut juger l’équipe sortante sur son action pas sur ses promesses.

Les impôts locaux vont-ils augmenter ?
La situation actuelle n’est pas bonne mais pas catastrophique. Longtemps, en effet, face au manque de recettes, les dépenses de fonctionnement sont restées faibles ; on alignait par le bas en quelque sorte, ce qui n’était pas bon pour la ville. La situation s’est dégradée ces deux dernières années : sans doute parce qu’approchaient les élections, on a laissé filer les dépenses, en finançant en particulier les travaux de voirie. Avant même de se poser la question des dépenses et de l’équilibre global, il faut souligner qu’il y a un problème de justice : comme les taux de la taxe d’habitation et de la taxe foncière sont équivalents, à la différence de toutes les communes alentour, de gauche comme de droite d’ailleurs, la fiscalité locale favorise les propriétaires non résidents au détriment des locataires. C’est d’abord cela qu’il faut changer (voir les vidéos et le dossier thématique « Finances » sur le site et sur notre programme). Nous croyons beaucoup aux projets qui coûtent peu ou pas, surtout à court-terme, soit en réallouant les sommes disponibles, soit en faisant une chasse systématique aux subventions. Par exemple : plutôt qu’un Paladin extrêmement coûteux et vide, nous préférons un service à la personne comme l’assurait la Croix rouge : un véhicule à la disposition des personnes âgées qui en ont besoin. En aidant la Croix Rouge à le faire, cela serait beaucoup moins cher que de le faire assurer directement par la municipalité. Il faudra cependant poser la question à l'échelon de la communauté d'agglomération (CAHB).
Sur l’animation de la ville et les loisirs, le projet le plus cher serait celui du cinéma. Nous avons déjà pris des contacts avec des réseaux de distribution, afin de construire le projet économique. Pour autant la discussion reste ouverte en effet. Nous pensons simplement que notre ville est idéalement placée pour ne pas être… la seule ville à ne pas avoir de cinéma. Dans tous les cas, il faudra déterminer des priorités car la situation économique et sociale actuelle impose de ne pas peser davantage sur les familles.
Que faire concrètement pour les 12-16 ans ?
C’est un âge entre deux, comme nous l’avons déjà dit. On peut envisager une structure comme celle d’un centre de loisirs, mais on pourrait aussi penser qu’ils n’ont plus forcément envie d’être autant encadrés et apprécieraient la possibilité d’activités à la carte, plus souples.
Il faudra réhabiliter les complexes sportifs, y compris les endroits que l’on peut fréquenter librement, les plateformes. On peut développer et mieux faire connaitre les séjours « Ville-Vie-Vacances », et réhabiliter le Centre de la Ronce qui a été laissé à l’abandon par la ville. C’est là d’ailleurs une situation assez scandaleuse à laquelle il faut remédier. Au niveau financier, il serait aussi intéressant de pouvoir étaler les cotisations sur l’année, et proposer des formules multi-activités (une par trimestre), qui permettent aux jeunes de chercher ce qui leur correspond le mieux et de renouveler leur intérêt. Il faut aussi parfois aller vers les jeunes dans les quartiers de la ville …
Depuis des années, nous n’avons plus de politique de la jeunesse et de l’enfance, mais des réponses évasives, des colmatages au coup par coup voire des grandes déclarations et des opérations destinées à rattraper le coup juste avant les élections.
Nous refusons ces pratiques : recueil des besoins, vue d’ensemble, ambition, réalisation. Il faudra sans doute un projet global pour les Bas Coquarts, parce qu’à la fois il faut faire vivre le quartier, mais aussi le relier au reste de la ville et donner envie aux habitants de sortir, « d’utiliser » le reste de la ville.
Que faire pour l’insertion professionnelle ?
La Mission locale vient fort opportunément de rouvrir ses portes. Comme quoi l’approche des élections municipales a du bon ! C’est une structure qui est très utile car elle permet de trouver sa voie professionnelle et de réorienter des personnes qui ont eu une première expérience ratée. Il faudra trouver de meilleurs locaux et veiller à la qualité de l’accueil. Que ce soit pour le premier emploi ou la réinsertion professionnelle, il s’agit là d’un défi majeur qu’il faut relever.




